Reviews by vpoumier

Déjà écouté avant.

Un album étrange dans sa conception (enregistré en live mais massivement retravaillé en studio, au point d'effacer presque intégralement les sons du publics ; une structure en deux parties, acoustique en solo puis électrique avec Crazy Horse, qui rappelle le formidable "Royal Albert Hall" de Dylan, encadrée par deux variations autour de "Hey Hey, My My") mais fascinant dans son exécution, tant le songwriting de Neil Young est brillant, et le Crazy Horse dans une forme rare. Mention spéciale à la partie électrique, qui va chercher des distorsions absolument démentes pour l'époque, à la limite du grunge avec près de quinze ans d'avance (le live Weld en 1991, ira encore plus loin dans le crade avec beaucoup des mêmes chansons). Une œuvre majeure, malgré son statut un peu particulier, à cheval entre live et studio, et la qualité sonore inégale qui en découle.

Top : Hey Hey, My My (Into the Black)
Flop : Ride My Llama

Jamais écouté avant.

J'ai une certaine sympathie pour The Hives, pour leur énergie communicative, presque punk, et leur refus obstiné de se prendre au sérieux. Ici, comme sur tous leurs autres albums, ils appliquent donc leur recette, certes simpliste et répétitive mais redoutablement efficace. Et comme l'album est très court, on n'a pas le temps de s'en lasser et on tape du pied frénétiquement au son des riffs tapageurs et des mélodies basiques des Suédois. Ça fonctionne, mais pourquoi avoir mis une compilation dans cette liste plutôt qu'un véritable album ?

Top : Die, All Right!
Flop : The Hives Are Law, You Are Crime

Jamais écouté avant.

Une expérience d'écoute très particulière, et qui restera sans doute unique pour moi, tant l'album en intégralité est long (plus de trois heures !). Difficile d'y prêter une attention active tout ce temps, d'autant plus dans ce style de jazz vocal vieillot qui a déjà tendance à beaucoup se ressembler d'un titre à l'autre. Ce qui n'en fait pas pour autant une écoute désagréable, loin s'en faut, et ce pour deux raisons principales : la formidable voix d'Ella Fitzgerald, bien entendu, parfaite d'un point de vue technique et profondément empreinte d'émotions et de sentimentalité ; et la qualité du son, impressionnante pour l'époque. Chaque inflexion de la voix d'Ella Fitzgerald, chaque note de chaque instrument de l'orchestre est rendue avec fidélité, et si ce n'était pour le sifflement typique qui trahit son âge (et lui confère aussi un charme désuet), on pourrait penser à un enregistrement bien plus tardif que la fin des années 1950. Finalement, une rencontre bienvenue avec une légende, mais à l'avenir, je me contenterai de la version Very Best of, qui semble bien plus digeste.

Top : But Not for Me
Flop : Fidgety Feet

Jamais écouté avant.

Je ne dois pas être assez américain pour apprécier Billy Joel. Certes, le "Piano Man" (un surnom qui prête à rire, quelques jours après avoir découvert Keith Jarrett grâce à cette liste...) a d'incontestable intuitions pop et un sens de la mélodie accrocheuse. Mais tout est "trop" : trop produit, au point d'en être grand-gignolesque, trop plein de guimauve, à la limite de l'indigestion, trop ringard pour un album sorti en 1977, alors que le punk explose un peu partout dans le monde, trop théâtral dans la façon de chanter, franchement irritante à la longue... Et comme les influences de Broadway, évidentes, ne me parlent pas vraiment non plus, autant dire que je suis complètement passé à côté de cet album.

Top : Movin' Out (Anthony's Song)
Flop : Just the Way You Are

Jamais écouté avant.

Un album de pop électro-psychédélique pas fondamentalement désagréable à écouter, et qui contient d'authentiques tubes, mais qui copie d'un peu trop près ses évidentes influences pour totalement convaincre, d'autant que lesdites influences sont trop éclectiques pour offrir une colonne vertébrale solide. La production foisonnante pourrait sauver le disque et permettre à la musique du duo d'être plus qu'une suite de jingles accrocheurs pour la publicité, si ces derniers ne cédaient pas tant à certaines facilités mélodiques qui ont pris un gros coup de vieux. Dommage, car le talent est probablement là.

Top : Weekend Wars
Flop : Future Reflections

Jamais écouté avant.

Je comprends pourquoi cet album est considéré comme une parfaite porte d'entrée dans le jazz, tant il est "facile" à écouter, malgré son utilisation constante de rythme non-conventionnels (les subtilités rythmiques m'échappent le plus souvent, et c'est ici aussi le cas). Tout en mélodie et en fluidité, il impose une ambiance swing et "cool" franchement agréable. Mais il a aussi les défauts de ses qualités : à l'oreille du profane, tout finit par se ressembler et, malgré l'inncontestable talent des musiciens, se prête finalement mieux à être entendu qu'à être écouté.

Top : Blue Rondo à la Turk
Flop : Pick Up Sticks

Déjà écouté avant.

Sans doute le dernier album véritablement notable du Moz, qui, par la suite, va devenir progressivement la pire caricature de lui-même, une espèce de vieux crooner protofasciste geignard... Bien loin des sommets atteints avec les Smiths, Morrissey se contente ici d'un bon album de pop rock rétro, étonnamment musclé, où sa voix fait souvent des merveilles et qui contient d'authentiques grands morceaux. Malheureusement, les ferments de son futur naufrage sont déjà en partie présents sur You Are the Quarry, notamment dans certains textes lourds et patauds, et dans cette prétention sans borne qui peut devenir irritante. Quelle tristesse, quand même...

Top : How Can Anybody Possibly Now How I Feel?
Flop : America Is Not the World

Jamais écouté avant.

La voilà ma première claque jazz (mais est-ce vraiment du jazz ?). Et pourtant, en tant qu'album live d'improvisation solo au piano, The Köln Concert ne partait pas gagnant dans mon esprit. Il y a quelque chose de l'universalité de la musique, d'une beauté totale et époustouflante, à écouter Keith Jarrett se battre avec son piano pour en tirer le meilleur, avec force râles de frustration et une dextérité fascinante, sans pour autant céder aux effets de manche. Colérique et lumineux, intimiste et épique, intense et minimaliste, mélodique et expressif (si expressif !), jamais ennuyeux ou répétitif, The Köln Concert est tout ça à la fois. Tout ce qui fait, pour moi, de la musique l'expression ultime de la créativité humaine, la forme d'art la plus empreinte de notre âme d'êtres humains, est là. Incontestablement la plus belle découverte depuis le début de ce projet pour moi, et un choc dont je ne suis pas sûr de m'être encore remis.

Top : -
Flop : -

Moon SafariAir

Rated 5/10

Jamais écouté avant.

Il y a des albums dont on comprend parfaitement le projet, qui sont tout à fait à la hauteur de leurs ambitions, qui parviennent à être visiblement ce que leur créateur espéraient qu'ils soient et qui, pourtant, nous laissent parfaitement de marbre. Moon Safari est de ceux-là. Difficile de prétendre qu'il est raté, inécoutable ou à côté de la plaque et il fait bien ce qu'il essaye de faire. Mais voilà, le résultat final, plus que chill, est globalement chiant, et ne s'élève jamais au delà d'une musique d'ambiance ma foi plutôt agréable (et après tout, pourquoi pas, c'est déjà pas si mal), mais sans le moindre relief. Mention spéciale aux morceaux chantés, à la limite de la soupe indigeste.

Top : La Femme d'Argent
Flop : Remember

Jamais écouté avant.

Quelque part entre folk, jazz et soul, Van Morrison perfectionne la recette qui fera son succès dans les années qui suivront. Le songwriting est costaud, les musiciens assurent, la voix de Van Morrison irréprochable. Un très bel album, tout en calme et retenue, qui a également le bon goût de ne pas s'éterniser.

Top : Moondance
Flop : These Dreams of You

Jamais écouté avant.

Que c'est long ! C'est peut-être un effet secondaire de mon ignorance en la matière, mais j'ai du mal à comprendre pourquoi les albums de rap du tournant des années 2000, en tout cas ceux que j'ai pu découvrir depuis que j'ai commencé ce projet, ont cette fâcheuse tendance à durer au-delà du nécessaire, sinon du confortable... C'est dommage, au demeurant, parce que c'est ce que je retiens de cet album, qui m'aura par ailleurs plutôt convaincu, grâce notamment à son ambiance assez smooth (encore que, les textes, par ailleurs témoins d'une réelle plume, pour ce que j'ai pu en juger, restent très engagés, dans la droite ligne de la terrible photo qui sert de couverture à l'album), résultat de productions d'inspiration jazz, funk voire afrobeat très satisfaisante, et qui ont le bon goût de n'avoir pas trop vieilli. Malheureusement, ça ne suffit pas à tenir la longueur, et il manque ce petit truc en plus (un peu plus d'originalité et d'éclectisme, peut-être ?) pour obtenir au-delà de trois étoiles...

Top : A Song for Assata
Flop : The Questions

Jamais écouté avant.

Voilà un album qui sur le papier n'a rien pour plaire : une voix que l'on qualifiera généreusement d'hasardeuse, un mélange de genre qui confine à la mixture indigeste (on y trouve du noise, du punk hardcore, de la country, de généreuses doses de psychédélisme et une bonne louchée de rock'n'roll pour lier le tout), une production brute de décoffrage, une pochette d'une laideur ostentatoire... Et pourtant, il y a dans Meat Puppets II quelque chose d'un geste punk, d'un nihilisme esthétique poussé à l'extrême qui capte notre attention pour ne la relâcher qu'une fois l'album achevé. Comme si l'on assistait, dans les intervalles de ce joyeux bordel, quelque part entre ses mélodies minimalistes et ses instrumentaux tranquillement virtuoses, à la naissance d'un son nouveau, celui-là même qu'on appellera grunge quelques années plus tard. Une incroyable découverte, étrange sans doute, mais assez géniale, ça c'est sûr !

Top : Plateau
Flop : The Whistling Song

Jamais écouté avant.

De l'œuvre de Bob Marley, et même du reggae en général si je dois être honnête, je ne connaissais, avant d'écouter Catch a Fire, que les tubes contenus sur le best of Legend. J'ai eu la surprise de découvrir un album moins répétitif que ce que je craignais, malgré les tropes reggae forcément ominiprésents, porté par un groupe de musiciens excessivement talentueux et qui semblent jouer avec une remarquable cohésion derrière la voix inimitable de Bob Marley. Le groove contagieux des lignes de basse de Family Man est probablement le point le plus emballant de l'album, en plus des hymnes de lutte et de persévérance scandés par Marley. Du tout bon, donc, qui donne envie de découvrir plus loin ce genre musical que je ne maîtrise pas du tout.

Top : Concrete Jungle
Flop : Kinky Reggae

Déjà écouté avant.

Deuxième temps du quadruplé magique de Pink Floyd, Wish You Were Here en est aussi l'album le plus mélancolique et émotionnel. Sans doute aussi l'un des plus beaux disques sur l'absence de l'histoire, a minima dans le domaine du rock. Les deux parties de Shine on You Crazy Diamond font évidemment office de joyaux, hommage bouleversant à Syd Barrett où brillent la guitare aériennes de David Gilmour et les claviers lumineux de Richard Wright. Les trois morceaux du milieu sont eux l'occasion pour le groupe, et son principal songwriter Roger Waters, de faire droit à leur part revendicative, ici pour brocarder les majors de la musique et les fumeurs de cigares à leur tête. L'album parfait d'un groupe alors au sommet de son art.

Top : Shine on You Crazy Diamond (Pts. 1-5)
Flop : Have a Cigar

Fred NeilFred Neil

Rated 5/10

Jamais écouté avant.

J'ai l'impression que cette liste a un faible pour les singer-songwriters folk-rock des années 1965-1970. Et je ne m'en plains pas, je découvre album après album que j'y suis également très sensible. Pour ce qui est de Fred Neil, que dire ? Que je ne le connaissais pas avant d'écouter cet album (même si je connaissais vaguement Everybody's Talkin' sans être capable d'exactement situer...), d'abord. Et que découvrir de nouveaux artistes est toujours un bonheur. Que l'album s'écoute très bien, également, dans une veine mélancolique et urbaine teintée de blues qui, sans être d'une originalité folle, déçoit rarement. Une jolie découverte, donc, mais un album sommes toutes assez standard, à l'exception d'un raga de fin inattendu, mais qui m'a laissé dubitatif. On est quand même loin de Blonde on Blonde, sorti quelques mois plus tôt, mais la barre est haute... Pas un chef-d'œuvre, mais un album qui a toute sa place dans un paysage folk-rock à l'époque surpeuplé. C'est déjà pas mal.

Top : Everybody's Talkin'
Flop : Cynicrustpetefredjohn Raga