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Tracklist
- 1Erdi4:43
- 2Yer Bounda Fara4:18
- 3Beto4:49
- 4Savane7:44
- 5Soya4:39
- 6Penda Yoro5:25
- 7Machengoidi3:35
- 8Ledi Coumbe3:17
- 9Hanana2:35
- 10Soko Yhinka5:06
- 11Gambari Didi3:50
- 12Banga3:49
- 13N'Jarou4:55
Reviews
Rated 8/10
Bon, on ne va pas se mentir, quand on a passé la fin des années 90 à classer des imports de Godflesh et à débattre de la meilleure face B de Joy Division derrière le comptoir d'un disquaire indépendant, la section "Musiques du Monde" (cette appellation fourre-tout un peu dégueulasse qu'on utilisait par facilité) n'était pas forcément ma destination première.
Et pourtant, le projet "1001 Albums" est là pour ça : me sortir la tête de mon ampli Sunn O))) pour aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Aujourd'hui, on atterrit au Mali, avec un monument : Ali Farka Touré et son album posthume, "Savane", sorti en 2006.
Pour situer le bonhomme, si vous avez vécu dans une grotte (ou si vous n'écoutiez que du gabber dans les années 90), Ali Farka Touré est souvent surnommé le "John Lee Hooker africain". C'est un raccourci journalistique un peu facile, mais ça a le mérite de poser le décor : on est ici à la racine du blues. Pas le blues électrique de Chicago, pas le blues rock qui tache, mais ce blues primal, celui qui semble remonter le fleuve Niger avant d'avoir été déporté dans le delta du Mississippi.
Ry Cooder, grand pote d'Ali et architecte du fameux "Talking Timbuktu", a qualifié "Savane" d'album "absolument parfait". Rien que ça... Quand un type qui a joué avec Captain Beefheart et les Rolling Stones sort un adjectif pareil, on tend l'oreille, même si on est un vieux cynique biberonné au post-punk. Ry Cooder pèse ses mots, mais est-ce que je vais peser les miens ? Spoiler : Ry s'emballe un peu, mais il n'a pas totalement tort.
Il faut savoir que "Savane" est le testament d'Ali Farka Touré. L'album a été enregistré alors qu'il se savait condamné par un cancer des os (il est mort quelques semaines avant la sortie). C'est un disque d'urgence sereine, si tant est que ce concept existe. Il a été enregistré à Bamako, à l'hôtel Mandé, avec une vue imprenable sur le fleuve. Et bordel, ça s'entend, la production est d'une chaleur incroyable. On est loin des studios aseptisés ou des productions lo-fi que j'affectionne d'habitude chez mes groupes indie. Ici, le son est plein, organique, vivant.
Ce qui frappe d'entrée, c'est la guitare. Ali Farka Touré avait ce toucher unique, ce jeu hypnotique qui n'appartient qu'à lui. Mais sur "Savane", il laisse énormément de place aux instruments traditionnels, notamment le ngoni (ce luth ouest-africain qui est l'ancêtre du banjo) joué ici par le virtuose Bassekou Kouyaté. Le dialogue entre la guitare électrique d'Ali et le ngoni est le cœur battant de cet album. C'est un tissage complexe, une conversation musicale d'une fluidité déconcertante.
Et c'est là qu'on arrive au point de friction, celui que je vais soulever et avec lequel, beaucoup d'entre vous risque d'être d'accord. Je parle de "longueurs pour des oreilles occidentales".
Je suis né en 70, j'ai grandi avec le format pop, le format rock, voire le format punk : intro, couplet, refrain, pont, refrain, fin. Ou alors, dans des délires plus expérimentaux à la John Zorn ou Godflesh, je suis habitué à la tension, à la rupture, au chaos sonore. Ici, on est dans tout autre chose, on est dans la circularité.
Les morceaux de "Savane" ne cherchent pas à aller quelque part, ils sont là, ils s'installent, ils tournent. C'est une musique de transe, mais une transe douce, contemplative. Pour un occidental habitué à ce que la musique lui saute à la gorge ou lui raconte une histoire linéaire, ça peut être déstabilisant et sur certains titres, j'ai eu cette sensation de surplace. C'est magnifique, certes, techniquement irréprochable, l'émotion est palpable, mais bon sang, est-ce qu'on ne tourne pas un peu en rond au bout de la sixième minute ?
Il y a ce côté "jam session" infinie qui peut lasser et c'est le piège de la virtuosité tranquille. Quand on écoute du post-rock, les morceaux font 20 minutes, mais il y a une montée, une dramaturgie, une explosion cataclysmique. Ici, la dynamique est plus plane, c'est un fleuve tranquille et parfois "trop" tranquille.
Malgré ces longueurs, je ne peux pas rejeter cet album car il y a une puissance d'évocation phénoménale. Quand je ferme les yeux sur le morceau titre "Savane", je ne suis plus dans mon salon grisâtre. Je sens la poussière, je vois la lumière dorée de l'Afrique de l'Ouest. Ali Farka Touré avait cette voix... une voix de vieux sage, éraillée, profonde, qui impose le respect immédiat. Même sans comprendre un traître mot de Songhaï ou de Peul, on sent le poids des mots, la gravité du propos.
Musicalement, c'est d'une richesse folle. Il y a du blues, oui, mais il y a aussi des rythmes qui flirtent avec le reggae (sans le côté "fête à neuneu"), des syncopes jazz. C'est le son d'un homme qui fait la synthèse de sa vie et de sa culture. C'est dense, c'est boisé, c'est authentique.
D'ailleurs, pour revenir à mes références de vieux disquaire, il y a un lien à faire avec le drone. Si on aime Sunn O))) pour sa capacité à étirer le temps et à créer une texture sonore, on peut, avec un petit effort d'adaptation, apprécier "Savane" pour les mêmes raisons. Il faut accepter de lâcher prise, d'arrêter d'attendre le refrain, et se laisser porter par le groove hypnotique du ngoni et des percussions. C'est une musique d'état, pas une musique d'action.
Alors, "absolument parfait" comme le dit Ry Cooder ? Non. Ry Cooder est un musicien, il écoute avec des oreilles de musicien, fasciné par la technique et l'âme. Moi, j'écoute avec mes oreilles de type qui a passé trop de temps à écouter des mecs hurler dans des micros sur fond de guitares saturées.
Pour moi, "Savane" est un très bon album, un témoignage essentiel d'un géant de la musique. C'est un disque noble, élégant, et profondément humain. Mais c'est aussi un disque qui demande une disposition d'esprit particulière. Ce n'est pas un album que je mettrais en fond sonore pour faire la vaisselle, ni un disque pour conduire sur l'autoroute. C'est un disque qui demande de la patience.
Il y a des moments où l'attention décroche, où la répétition devient lassitude plutôt que méditation. C'est le choc culturel, sans doute. Nos oreilles, formatées par des décennies de rock anglo-saxon, cherchent des repères qui ne sont pas là.
Est-ce un album qu'il faut écouter avant de mourir ? Oui, sans hésitation. Parce qu'il offre une porte d'entrée royale vers une musique malienne riche et complexe. Parce que le jeu de guitare d'Ali Farka Touré est une leçon d'humilité pour tous les shredders de métal qui pensent que la vitesse fait le talent.
C'est une œuvre majeure, un adieu poignant, mais qui aurait peut-être gagné à être un poil plus resserré pour être totalement digeste pour nous, pauvres occidentaux pressés. Mais après tout, c'est peut-être nous le problème, pas l'album.
Note finale 4 sur 5 : Très bon album, solide, émouvant. Mais prévoyez du temps et débranchez votre besoin d'immédiateté avant d'appuyer sur lecture.
Rated 8/10
Jännittävästi muistuttaa osa biiseistä eurooppalaisesta kansanmusiikista. joku enemmän musiikista tietävä vois varmaan kertoa miksi. 4/5
Rated 8/10
Liked it. Barely a 4. Would change if another album of his is better.
Rated 8/10
"Latin jazz" feels like an odd classification from apple music. I enjoyed this, different from most stuff on this list.
Rated 4/10
A couple of the blues stuff was interesting, but overall I did not enjoy listening to this album.
Rated 6/10
This is an interesting change for this list. I don't really know how to feel about it. It's definitely different, I like it, but I am confused as to what it is exactly. But a cool thing to listen to.
Rated 4/10
This was disappointing. His voice is great and the instrumentals are good, but almost every song is just one 5 to 7 second idea repeated ad nauseam, and the album is too long.
2.0/5.0: Disappointing
Rated 6/10
this is a tough one to rate. on one hand every song is genuinely enjoyable; great singing and great playing. on the other hand, youve heard 90% of the song in the first 20 seconds. he establishes the motif immediately then that ostinato repeats for the remainder of the track, with what little development there is coming from additional instruments slowly layered in. from what ive been able to find it seems that is typical of african blues, potentially due to alis influence. i think if you removed the vocals and sold this to me as an ambient album i wouldve received it much better.
Rated 6/10
Listened but it didn't really engage me, nor offend me. Some cool riffs here and there.
Rated 4/10
Soya was listenable. The rest of the album I didn’t care for. Every song felt like forever, it was incredibly repetitive.
Rated 4/10
Meh
Rated 7/10
Desert sessions afrička varijanta, znači nema šta da ne valja. Možda ne bih redovno slušala ali je vrlo prijatno i cijenim umjetničke sposobnosti.
Rated 6/10
Pleasant and talented guitar work on the final, posthumous album of a local legend with international reach. The songs were a tad repetitive and there weren't many standout moments but not bad. 3/5
Rated 4/10
Harmless enough but a lot of the songs didnt seem to go anywhere (obviously this is based on my inability to understand the lyrics).
Really enjoyed the title track and definitely heard a lot less through this process.
Rated 6/10
Went into this with no idea what to expect but ended up enjoying it. I had been hoping for some blues to turn up on the generator, but hadn't anticipated my first blues album would be from Africa. Best tracks for me were the title track and N'jarou.
3/5
Rated 6/10
I enjoyed this. I liked his vocal style. I did find that there wasn't quite enough variation to keep me totally invested for the entire duration of the album.
Rated 6/10
I didn't understand a word on the record, but I still enjoyed the tunes. Some of the songs did sound the same as others, but overall I liked it. 3/5
Rated 8/10
really good album
sounds like Gotye "borrowed" the beat for that song from here
Rated 4/10
Not for me
Rated 6/10
It's pretty chill and a nice enough time in general. There's some quite complex arrangements here that are very well done, it's just it doesn't massively stir anything in me. It all weaves together nicely and is an easy enough listen.