- Average
- 8.0
- Ratings
- 289
- Your rating
- Log in to rate
- Reviews
- 123
- Lists
- 0
Tracklist
- 1Natural Mystic3:28
- 2So Much Things to Say3:08
- 3Guiltiness3:19
- 4The Heathen2:32
- 5Exodus7:39
- 6Jammin'3:31
- 7Waiting in Vain4:15
- 8Turn Your Lights Down Low3:39
- 9Three Little Birds3:00
- 10One Love, People Get Ready2:53
Reviews
Rated 4/10
Voilà, le couperet tombe, froid et sans appel. Ce sera un misérable 2 sur 5 pour l'intouchable, le divin, le messianique Exodus. Je vois déjà les regards offusqués se braquer sur moi, et j'entends les cris d'orfraie des puristes comme des hippies de salon.
Ce sacro-saint pavé des "1001 albums qu'il faut écouter avant de mourir" l'a évidemment gravé dans le marbre, bien au chaud à la page 375 de son index. C'était une évidence absolue pour eux, une obligation, même. Le grand magazine *Time* l'a carrément élu "Album du siècle", putain imaginé album du siècle.
Bon il va falloir crever l'abcès tout de suite, se calmer deux minutes, et regarder la vérité bien en face concernant cette fameuse "obligation". Parce que le problème avec ce disque, ce n'est pas tant la musique en elle-même, c'est tout ce qu'il représente. Car le problème, le vrai, c'est l'establishment.
Oui, l'establishment. Cette bien-pensance culturelle écœurante qui a statué une bonne fois pour toutes sur ce qui est "génial" et ce qui ne l'est pas. Ces critiques musicaux qui ont décidé que Bob Marley était le sauveur absolu de l'humanité et qui ont érigé Exodus en monument incontournable. Au final, on n'a tout simplement pas le droit de ne pas aimer Exodus, car c'est interdit par la loi du cool et passible d'excommunication mondaine immédiate. Si tu as le malheur de dire que tu t'emmerdes royalement en l'écoutant, on te regarde comme si tu venais d'égorger un chiot avant de te traiter d'inculte, de cynique, de pauvre mec sans cœur ni âme. Et c'est exactement cette dictature du bon goût qui me donne des envies de meurtre, cette injonction permanente et cette obligation absolue de se prosterner, genoux à terre, devant la légende validée par les puissants.
Parce que, pour être tout à fait honnête, Bob Marley m'a pourri mon adolescence. Lui, Pink Floyd, Led Zeppelin... C'est le même putain de combat, c'est le triumvirat de la purge juvénile. Rappelez-vous un peu cette époque, ou imaginez-la si vous avez eu l'immense chance d'y échapper. Ces chambres d'ados, toutes rigoureusement identiques, des clones parfaits, des photocopies sans âme avec la même odeur d'encens à la vanille qui file la gerbe. Dans chaque piaule, on retrouvait le même putain de poster de Bob Marley, les dreadlocks au vent, le regard dans le vague, tirant sur un joint de la taille d'un avant-bras. Le cliché ultime de la fausse rébellion pour enfants de bonne famille. Et dans chaque discothèque, les mêmes albums alignés dans le même ordre, formant le petit kit de survie du parfait rebelle en plastique. On se tapait l'omniprésent *The Dark Side Of The Moon* à gauche, l'indéboulonnable *Led Zeppelin IV* à droite, et *Exodus* en plein milieu. Toujours les mêmes gueules sur les pochettes, toujours les mêmes refrains usés jusqu'à la trame, toujours la même bouillie sonore imposée par la masse. On a tous subi ces soirées interminables, vautrés sur des coussins, où un mec se sentait viscéralement obligé de mettre la face B d'Exodus pour "détendre l'atmosphère", pour "chill", comme ils disent.
J'ai vomi ce concept. J'ai totalement saturé et mon cerveau a fait un rejet total, immédiat et définitif. C'était le degré zéro de l'originalité, le conformisme le plus crasse déguisé en contestation. L'establishment s'est accaparé Bob Marley pour se donner un petit frisson de rébellion à peu de frais, transformant l'homme du tiers-monde en un inoffensif produit de consommation courante. Une rébellion en plastique, bien propre, bien lissée, parfaite pour passer à la radio de masse entre deux publicités pour des bagnoles ou du parfum. C'est cette hypocrisie globale qui me donne envie de vomir quand j'entends les premières notes de cet album. Je ne supporte plus qu'on m'oblige à me mettre à genoux devant cette soupe ensoleillée et digeste. L'overdose est totale, savamment orchestrée par ceux qui dictent ce que l'on doit consommer, faisant de ce disque la bande-son de la normalité la plus affligeante.
Mais recentrons-nous sur le disque lui-même, puisque c'est la règle d'or de mes critiques. Nous sommes en 1977 ; Bob Marley vient de fuir la Jamaïque après avoir échappé de justesse à une tentative d'assassinat. Il débarque à Londres, s'enferme en studio et enregistre Exodus. Musicalement parlant, c'est un disque totalement schizophrène, scindé en deux parties distinctes, et la face A est la seule qui trouve véritablement grâce à mes yeux. Il y a là un côté sombre, un mysticisme presque poisseux et une tension latente qui reflète l'exil, la violence et la paranoïa. "Natural Mystic" ouvre le bal avec une lourdeur plus qu'intéressante, où la basse d'Aston Barrett fait le boulot : c'est lent, c'est menaçant, c'est hypnotique. Ensuite, des morceaux comme "Guiltiness" et "The Heathen" ont encore un tout petit peu de terre sous les ongles, rappelant vaguement que le reggae pouvait être une musique de lutte et de douleur. Et puis, il y a bien sûr le morceau-titre, "Exodus", sept minutes de groove cuivré, martial, implacable. C'est objectivement un grand moment musical, et si tout le disque s'arrêtait là, j'aurais probablement revu mon jugement à la hausse.
Mais voilà, il faut inévitablement retourner le vinyle. Et là, c'est le drame absolu. La face B d'Exodus, c'est précisément le rêve humide de l'establishment dont je parlais plus haut, la machine à cash qui se met en marche à plein régime. C'est le reniement total de toute forme d'aspérité ou de danger, un enchaînement écœurant de tubes calibrés, lissés et polis jusqu'à la nausée : "Jamming", "Waiting in Vain", "Turn Your Lights Down Low", "Three Little Birds", "One Love". C'est viscéralement insupportable, c'est le juke-box ultime de la complaisance mondiale, où la production de Chris Blackwell est devenue si clinique qu'elle en devient étouffante. Tout est fait, calculé et mixé pour rassurer l'auditeur occidental moyen. Il n'y a plus aucun risque, plus aucune rage, plus aucune sueur. Même la guitare de Junior Marvin a été trafiquée pour sonner comme du sous-rock FM américain, pour ne surtout effrayer personne. L'enregistrement s'est fait dans des studios londoniens confortables, bien à l'abri de la réalité et loin de la misère crasseuse de Trenchtown.
Ce confort bourgeois s'entend à chaque seconde de cette face B. Le son est luxueux, presque opulent ; chaque note de clavier est pesée pour ne jamais heurter, chaque coup de caisse claire est d'une propreté terrifiante. On frôle la variété internationale la plus banale sur "Waiting in Vain", une chanson d'amour d'une platitude absolue, et on touche le fond avec "Turn Your Lights Down Low", une berceuse sirupeuse et dégoulinante lorgnant vers le pire du R&B. Quant à "Three Little Birds", c'est le niveau zéro de la mièvrerie, une comptine pensée uniquement pour être reprise en chœur par des foules lobotomisées lors de soirées étudiantes. Et "One Love" est carrément devenu l'hymne officiel du tourisme de masse, la bande-son des bons sentiments de comptoir et des agences de voyage. Une bouillie consensuelle qui fait parfaitement le jeu du système.
L'establishment adore ça, évidemment, parce que ça permet de consommer de la musique du monde en gardant ses pantoufles. La voilà, la véritable, la profonde raison de ma saturation face à ce monument officiel qui n'attire plus que les pigeons. Moi, je refuse catégoriquement de picorer ce pain-là. L'obligation d'aimer, c'est le stade suprême du fascisme culturel. Si j'ai envie de reggae qui me retourne la tête, je ne vais certainement pas écouter ce manifeste de la compromission. Je vais chercher là où il y a encore de la vraie folie, là où ça pue la ganja, la paranoïa et le génie pur. Je vais foutre du Lee "Scratch" Perry sur ma platine. Le grand malade du Black Ark Studio, ça c'est un vrai sorcier, pas un produit marketing. Un mec qui noyait ses pistes dans des tonnes de réverbération, qui bidouillait ses bandes magnétiques, qui accouchait d'un son dense, insondable, toxique et menaçant.
Ou alors, si je veux un vrai message, une vraie claque politique qui fait mal, je plonge tête la première dans l'univers de Linton Kwesi Johnson. L'immense LKJ, le maître incontesté du dub poetry, cette poésie urbaine, lourde, engagée, qui te prend à la gorge. Une voix grave qui tranche dans le vif du sujet, portée par un dub martial, sec, et sans aucune putain de concession commerciale. Pas de "One Love" dégoulinant de guimauve chez LKJ, juste la dureté de la rue, l'oppression policière, et l'intelligence glaciale du propos. Face à ces géants de l'ombre qui n'ont jamais baissé leur froc, Exodus ressemble à une carte postale jaunie vendue dans une boutique de souvenirs attrape-touristes.
Le tribunal du bon goût peut bien me condamner pour hérésie, je maintiens mon misérable 2/5 froid et totalement objectif. Un point pour la tension de "Natural Mystic", et un point pour le groove de "Exodus". Et c'est tout, car le reste n'est que du formol musical, une vaste blague lissée pour plaire aux foules. Je vous laisse à vos génuflexions devant l'autel de la bien-pensance. Le livre de l'establishment exige qu'on l'écoute avant de mourir ? C'est fait, mission accomplie. Maintenant, laissez-moi tranquille avec ça, rangez vos posters, et arrêtez de me dire ce que je dois vénérer.
Rated 8/10
The second Bob Marley & The Wailers album that I've gotten! In my opinion it's a step up from "Catch a Fire". A very intentioned 10 song 37 minute experience whose themes of politics, revolution and hope in the face of oppression betray it's laid back atmosphere in the best way possible. Even though I can admit I prefer more "exhilarating" genres to that of reggae, I recognise this album's importance to music history and applaud it's timeless uplifting message that endures to the present day.
Rated 8/10
A tentpole reggae release if there ever was one. So many iconic songs dot the tracklist. Marley truly excelled and brought the genre to so many new listeners because of his versatility, charm, and genuinely far-reaching lyricism. While I feel the record has some pacing issues overall, it is undeniable how important this album is to popular music history.
Rated 8/10
After a sluggish start the album gets going with the title track. Side in particular is just one great tune after another. The production of the anglicised reggae is superb.
Rated 8/10
Exodus has an incredible flow, you feel looked after as Bob Marley carries you from one smooth jam to another. His songs are so unignorably well written, that what would otherwise be an obscure genre is known the world over. He is one of the great levelers whose music works for pretty much everyone.
Rated 8/10
A little kooky but surprisingly really good, especially as I wasn't wowed by the first Bob Marley album I listened to. Only thing I didn't care for was the closer which was a bit corny which the album had mostly avoided by that point
Rated 8/10
I don't know if I'm much of a Reggae listener, but it's hard to go lower here. It's rare for a guy to evoke a whole genre! The rhythms are smooth and hypnotize the listener into a good mood. Love it!
Standouts: Guiltiness • The Heathen • Exodus • Three Little Birds • One Love/People Get Ready
Rated 10/10
This album is the best of its genre, IMO. if you don't like it, you won't like reggae. I love it, such a great album.
Rated 6/10
Hmm, lots of the same reggae
Rated 10/10
5
Amazing from start to finish
Rated 6/10
Zie vorige Bob Marley album (dit klinkt immers in veel opzichten exact hetzelfde).
Rated 8/10
First listen…I only knew the tracks from Legend….and they’re some of the best tracks on it.
Sounds sublime. Laid back and cool vibe.
Given I couldn’t get on at all with Catch a Fire at all when that came up, I have to admit tha this album really surprised me. Can see why this is a classic. Love it - going into rotation.
4
Rated 8/10
Perhaps i judged you too harshly
When i listened to this album for the AM top 100 list i ranked it at 73 on my personal list, which wasnt a great review. but i did kind of speed run it. its only 30 something minutes long so i blasted through my 3 required listens in under 2 hours driving home from a trip away in the van on a relatively low volume as to not wake jess who was asleep in the passenger seat.
in doing so i missed a lot of the things that make the album great. obviously i know three little birds and one love are great and classic songs. but writings in vain and the heathen also have little bits to them you only notice when you concentrate and in my case use headphones. i particularly enjoyed the use of autotune on the title track.
whilst the frequent religious lyrics dont do anything for me i can still appreciate the lyricism on this album
whilst not a perfect match for my tastes i definitely enjoyed this album upon revisiting it more than a 73 so maybe i need to reconsider some of my AM rankings at some point
4
Rated 10/10
You’ll never hear an album so chill. Only good vibes came from that man
Rated 10/10
This is easily 5 stars for me, probably my favourite Reggae album.
Rated 8/10
As always with the best reggae, I actually learn something - the history of a Jamaica I wouldn't know w/o this music: 'They sold Marcus Garvey for rice, ooh / I'll never forget, no way / They turned their backs on Paul Bogle, hey, hey.' I didn't know who Paul Bogle was - National Hero of Jamaica and one of the leaders of the 1865 Morant Bay protesters - and now I'm happy I do. But also like the best reggae, these tracks aren't essayistic, post-colonial diatribes, but ventures into the depths of the feel-good, especially on the second half of this record. While Exodus does not electrify me as much as Catch a Fire, my favorite Wailers album, this is still very good. My only cavil is that a few of the tunes attain the sensibilities of too-tepid easy listening.
Rated 8/10
Very solid record, got some classics on the b-side as well
Rated 8/10
finesa
Rated 6/10
Better album than others by Bob Marley on this list. I'd probably listen to this again. 3.5/5
Rated 8/10
Har forsøkt meg på reggae noen ganger og bare endt opp med The Police, men denne gangen føler jeg det sitter. Jeg har aldri klart å høre den pulserende bassen så tydelig i Marley sine låter før, men nå er den der. Annet enn «Three Little Birds» husket jeg ingen av låtene på plata fra før. Men nå har jeg lagt min elsk på særlig tittelsporet og «Natural Mystic» i tillegg.
Men selv om jeg sitter med et mye bedre inntrykk av sjangeren nå, så er jeg nok ikke helt solgt enda. Kanskje jeg bør sjekke ut Peter Tosh?